Il y a quelque jours est décédé Jean Oury, psychanalyste et psychiatre, créateur de la clinique de la Borde où se pratiquait la « psychothérapie institutionnelle ».
De quoi s’agit-il ? La clinique de La Borde accueille principalement des psychotiques comme les schizophrènes. Voilà comment fut créée cette clinique psychiatrique hors norme (In Wikipédia) :
« Jean Oury a raconté lui-même, dans une interview au journal Libération, les circonstances mémorables de la création de La Borde. Il dirigeait alors une autre clinique psychiatrique dans le même département. L’administration de l’établissement refusant de faire les travaux qui s’imposaient dans ce lieu, il décide de partir avec trente-trois malades, les sept restant n’étant pas en état de marcher. Le groupe commence alors une vie errante :

« À dormir à droite, à gauche dans des hôtels. Trouvant quelques jours refuge dans une maternité. Puis sur les routes. Jean Oury et ses malades ont erré deux semaines. Les infirmiers avec lui. Et, le 3 avril, ils débarquent dans le vieux château en ruine de La Borde. »

Là, Jean Oury mettra en place des principes thérapeutiques particuliers : soignants et patients, tous ensemble, participent à la gestion de la clinique, des tâches quotidiennes, son organisation, etc. Cette gestion collective « hors norme » favorise alors l’insertion des malades, le respect des autres, la compréhension mutuelle, l’apprentissage de la frustration face au manque… La clinique a maintenant une renommée internationale. Les services de la Sécurité sociale ont remis en cause, à un moment dans les années 80, son conventionnement. Mais en se rendant sur place, et après une étude approfondie, les agents de la SS ont vite réalisé que la clinique de la Borde coûtait beaucoup moins cher à la collectivité qu’un hôpital psychiatrique classique pour des résultats thérapeutiques très nettement supérieurs.