Qu’est ce qu’une relation fusionnelle ? On peut rêver que ce soit une relation extraordinaire, passionnelle, qui créé un bien être pour chacune des personnes qui se trouvent dans cette union unique.

La réalité est plus complexe et plus incertaine… La relation fusionnelle peut ressembler aux poupées gigogne qui s’emboîtent les unes dans les autres. Elle est souvent générée par la première relation que connait l’enfant, c’est à dire avec sa mère et/ou son père. Et l’étymologie des mots, leur sens gardent toujours leur importance. La fusion signifie que l’un et l’autre, différents, oublient leur identité pour être un seul être.

Comme pour toute problématique psychologique, il ne s’agit pas de dire ce qui est bien ou ce qui est mal. Mais d’observer dans la sérénité ce qui se passe dans une telle relation et de trouver les meilleures solutions.

Pour des tas de raisons possibles, une relation très particulière se noue entre l’enfant et l’un de ses parents, souvent la maman, parfois le père, parfois les deux.

Ces causes peuvent être un deuil familial douloureux au moment de la naissance de l’enfant, l’absence de l’un des parents, un bébé qui connait des problèmes graves de santé dans ses premières semaines, bref, une multitude d’accidents de la vie peut entraîner ce type de situation.

Ces relations fusionnelles ne sont pas toujours aidantes pour l’enfant : le parent ressent ce dont son enfant a peur, parfois même plus fort. Si son bébé est triste, la maman ou le papa est triste, s’il est joyeux, il en va de même. Aussi, le parent perd son caractère stabilisateur et rassurant. Parfois même, l’enfant, à son insu, veut rassurer son parent qu’il perçoit inquiet.

Ces modes de relation peuvent perdurer à travers les générations, de l’arrière grand-mère à l’arrière petite fille, d’où l’image des poupées gigognes. Chacune calque sur son parent sa manière d’être avec lui et ainsi de suite. Chaque posture s’emboîte l’une dans l’autre, c’est à dire du parent vers son enfant, d’où un effet de répétition.

Les relations fusionnelles peuvent devenir « électriques », notamment à l’adolescence car l’enfant a le besoin de se différencier de ses parents. Elles ressemblent à une relation d’aimants, comme des aimants magnétiques. Quand les aimants sont dans un sens, ils se collent, quand ils sont dans l’autre sens, ils se rejettent.

Comment en sortir ? C’est à chacun de prendre conscience qu’un amour fusionnel fait souffrir. Et n’est pas la bonne solution. Chacun doit parvenir à réaliser comment un tel mode de relation avec l’autre a pu s’établir, souvent à son insu, puis trouver le chemin vers sa personnalité propre.

Les relations ne seront pas altérées pour autant. Bien au contraire, en prenant de la distance, tous pourront en être apaisés et connaître une vraie relation d’amour, qu’elle soit amicale, amoureuse, filiale.

La thérapie peut être salutaire dans de telles situations car, à l’insu du patient, le thérapeute peut jouer le rôle de celui qui a manqué à la relation et donc la réparer ; cela fait partie de ce que les psychanalystes appellent le transfert.

C’est aussi la raison pour laquelle, même si c’est important, une psychanalyse ne se résume pas à une simple écoute : « Écoute moi, certes. Mais, même si j’en ai pas conscience, je te demande confusément de remplacer celui ou celle qui m’a manqué ».