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Le grand psychanalyste Gérard Bonnet a notamment écrit dans l’un de ses livres, « Les mots pour guérir » que « nous sommes malades des autres ». Nous ressentons des troubles psychiques, parfois physiques, car nous nous sommes peut-être trouvés blessés dans nos premiers liens essentiels, c’est à dire, les relations familiales. Mais nous ne sommes fait que de relations. Et de nouvelles relations, aujourd’hui, peuvent réparer les anciennes qui furent abimées ou mal engagées, par manque d’amour ou trop d’amour, ce qui arrive également.  C’est aussi ce qu’explique Sami Ali, un autre psychanalyste. Cette réparation peut se réaliser par la parole.

« La parole s’envole, les écrits restent » dit le bon sens notarial, ce qui voudrait dire que la parole a moins de valeur que l’écrit. Or, détrompons nous. La parole, justement parce qu’elle est éphémère, permet les échanges dans le présent, ici et maintenant. Quand un enfant monte pour la première fois sur son vélo tout neuf offert pour son anniversaire, inévitablement, il tombera à un moment ou à un autre. Et, dans la plupart des cas, son père ou sa mère seront avec lui, pour lui dire : « Tu es tombé, cela arrive à tous les enfants qui apprennent le vélo. Mais c’est fini. Tu t’es fait mal mais c’est du passé. Maintenant, tu va être plus fort et tu peux remonter sur ton vélo… »  C’est en renvoyant le passé au passé que la parole contribue à nous guérir.